Le CFD pendant la Première Guerre mondiale:
 

II. Les locomotives lozériennes et la bataille de Verdun:

 Depuis l'offensive allemande d'août 1914 , les deux voies ferrées à écartement normal de la Compagnie de l'Est , qui desservaient Verdun , étaient inutilisables .Mais il restait le petit "Meusien" , réseau départemental à voie métrique divisé en plusieurs tronçons qui permirent de relier la place forte de Verdun à l'arrière

 En Janvier 1916 , les signes précurseurs d'une attaque allemande  se précisaient . Or le matériel roulant du "Meusien" ( une vingtaine de machines de  faible puissance ) était insuffisant. On fit alors appel au matériel  de tous les "tortillards" de France et , venant de Florac , une première locomotive du réseau  lozérien débarquait dans la Meuse le 22 Février. Il était temps car depuis la veille les Allemands attaquaient. Cette première locomotive venue de Lozère sortait des   ateliers de Fives-Lille. C'est pour cela qu'à Sainte Cécile d'Andorge , on l'avait    surnommée la « Lilloise ».
 
 
 

                             La Louisette                                                                                                  La Liloise
 

     Quelques jours plus tard , le réseau lozérien envoyait deux autres machines des locomotives "Mallet" portant les numéros 323 et 324 c'étaient les soeurs de la325 , la "Marinette". Elles , c'étaient la "Louisette" et la "Céline" ( nom donné en
l' honneur de l’épouse de leur premier mécanicien titulaire).Les petites machines du Meusien n’avaient que deux essieux tracteurs, les cévenoles en possédaient quatre et un bissel en avant. Elles pesaient en charge environ quarante tonnes tandis que les autres quinze à vingt seulement, mais elles étaient capables de monter à 25km à l’heure , tout en remorquant 80 tonnes de
wagons , des rampes de 32,5 millimètres (celles du réseau de Verdun n’excédaient pas 20 millimètres ). Pendant la bataille de Verdun les trains du Meusien transportaient du ravitaillement, des munitions et des soldats. Ils évacuaient aussi les blessés. Chaque convoi comprenait de 10 à 15 wagons, parfois un peu plus, il était tracté par deux machines pour pouvoir mieux freiner et éviter les pannes dans les sections à voie unique et aux points bombardés.La Louisette et la Céline étant de même modèle, elles étaient fréquemment attelées ensemble et leur puissance leur permettait de tirer des trains lourds.Les incidents et les accidents étaient nombreux : tamponnements, voie coupée par les obus, déraillements etc. Malgré les bombardements tant que les rails n’étaient pas  arrachés , nos petites locomotives avançaient. Il fallait à tout prix, ravitailler les régiments sur le front. Parfois des avions de chasse piquaient du haut du ciel sur les convois, Louisette et Céline fonçaient alors à toute vapeur car une cible qui bouge est moins vulnérable.Mais il y avait parfois de la casse. Morts et blessés étaient alors déposés à la station la plus proche. Si la machine avait été endommagée elle était tractée par une machine de secours.
         Le 11 novembre 1918 les cloches sonnèrent la victoire dans toute les églises de la Meuse. Les locomotives du petit tortillard de la Meuse furent démobilisées et renvoyées dans leurs foyers. La Céline rentra cependant bien plus tard dans son
pays cévenol, elle fut envoyée dans la Somme pour la reconstruction d’ une lignedétruite pendant la « Grande guerre ».La Louisette et la Lilloise partirent pourFlorac, l’ une en mars et l’ autre en mai 1919. Elles furent heureuses de regrimper Jalcreste ,de saluer en sifflant avec joie chaque gare et chaque passage à niveau et de retrouver , chez elles, leur sœur, la Marinette qui avait été mobilisée sur place.
 


                                                                                La Marinette
 
 

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