I.1) La compagnie qui accepta de réaliser les travaux :
Au début
du XXème siècle, grâce à Jean Monestier, sénateur
de la Lozère, la construction d’une ligne de chemin de fer reliant
Florac à Sainte Cécile d’Andorge fut décidée.
Il s’agissait d’une ligne à voie métrique. On proposa à
la compagnie P.L.M (Paris, Lyon, Marseille) de l’exploiter mais elle refusa,
elle la jugea peu rentable. En 1904, on trouva enfin un concessionnaire
intéressé par l’exploitation de cette ligne : la compagnie
des C.F.D, celle-ci, exploitait déjà dans l’Ardèche
et dans la Haute Loire un important réseau à voie métrique.
Le 6 avril 1904, cette dernière engagea l’élaboration des
plans d’exécution de la voie ferrée et elle reçut
la concession définitive par la loi du 18 avril 1904.
I.2) La durée des travaux :
Les travaux purent être engagés dés le mois de juin 1904.
Construction du Viaduc le plus haut de la
ligne à Saint-Frézal de Vantalon. Collection J. Renaud.
La compagnie
des C.F.D entreprit les travaux, la durée fut assez longue à
cause du tracé tourmenté ainsi que du nombre et
de l’importance des ouvrages d’art.
En 1909, les travaux furent enfin terminés. A cette époque, de nombreux parachèvements restaient encore à réaliser : la pose des garde-fous, des ponts, l’exécution des tranchées pour l’écoulement des eaux et des barrières des passages à niveau gardés. Les premiers trains circulèrent avec du matériel voyageur emprunté à d’autres réseaux en attendant l’approvisionnement du matériel roulant.
I.3) Outils et matériaux utilisés :
Pour assurer la pose de la voie et du ballastage, la Compagnie fit venir deux locomotives 030 de son réseau du Vivarais. Les rails du type Vignole étaient en acier et d’un poids de 25 kg au mètre en coupons de 12 mètres, posés sur quinze traverses en chêne créosoté. Le ballast, d’une épaisseur de 0,35 mètres, était constitué de pierres cassées entre Florac et Jalcreste et de graviers de rivière cassés mélangés à du sable sur le reste du parcours. Des murs de soutènement en pierres sèches, (qui laissaient les eaux s’écouler beaucoup mieux que le béton) soutenaient la voie qui était conçue pour porter 350 tonnes. Pour construire cette voie les moyens utilisés étaient : la pelle, la pioche et quelques bâtons de dynamite pour venir à bout des roches. Donc seule la force des hommes et leur grand nombre ont contribué à la construction de la plate-forme et des ouvrages d'art.
Témoignage de Mr Menut : ancien chef de train :Retour accueil" Ils faisaient tout, ils n'avaient pas des machines comme maintenant ils faisaient tout à la main, ils minaient à la main les rochers. Il avait du falloir un moment pour faire ça à la pioche et à la pelle car il n'y avait pas de machines, il n'y avait pas d'engins. Mais...c'était du beau travail. Ils ont fait des ouvrages d'art magnifiques."