Croix de CHAMPERBOUX (XVème siècle)
En fer forgée, elle est haute de 2,20 m, chaque bras a une saillie de 0,30 m. L'extrémité supérieure au dessus des bras se termine par un noeud à pointe de diamant. A mi hauteur on voit ce qui reste de l'exergue (espace laissé en bas d'une médaille pour y graver une inscription) qui devait porter le monogramme (chiffre composé des principales lettres d'un nom - chiffre ou signe que les artistes apposent au bas de leur ouvrage) du Christ.
Les bras portent au second tiers de leur longueur un noeud d'où s'échappent quatre feuilles (deux en haut et deux en bas). L'extrémité des bras est repliée à angle droit vers le bas. En réalité c'est vers le haut, cette position est due à la vétusté.
Sur la face de la croix on voit le Christ avec la couronne d'épines, le thorax marqué par des hachures obliques. Un court voile cache les reins, les pieds sont croisés le droit sur le gauche.
La Vierge est sur la face postérieure, elle porte l'Enfant sur son bras gauche. Elle est vêtue d'une longue robe aux plis obliques vers la droite comme si le vent la poussait.
Cette croix présente une particularité. L'extrémité pliée des bras présente un tenon (extrémité d'une pièce façonnée pour la faire entrer dans un trou de même équarrissage appelé mortaise, pratiquée dans une autre pièce et destinées à être assemblée à la première). Ce tenon est un trou rectangulaire assez grand, destiné à recevoir une clavette servant à immobiliser un objet qui lui était assemblé. Cela trahit la fréquence de son emploi. Il s'agirait donc d'un objet dont l'exposition n'était pas permanente.
Cette croix aurait été placée dans l'ancien cimetière du village. Il semble qu'elle servait de lanterne où des cierges étaient brûlés lors de cérémonies funèbres.
Elle est l'œuvre d'un ouvrier qui a fait les chandeliers de l'église de Sainte Enimie. On y retrouve les mêmes motifs, obtenus par les mêmes moyens. On retrouve une de ses croix à Saint Bonnet de Montauroux.
Enfin cette croix de Champerboux porte à sa base et sur la face principale une inscription qui passa longtemps pour le nom du constructeur : " e r a n s e s m a n w e r ".
Explications:
Au XVème siècle de nombreuses inscriptions attiraient l'attention des fidèles, afin d'observer plus sévèrement les lois de l'Eglise et prévenir contre une trop grande liberté des moeurs.
Un lieu de sépulture spécial fut tracé dans le cimetière de Champerboux où seuls les enfants légitimes étaient enterrés. Une croix en fer où brûlaient des flambeaux lors des inhumations en marquait les limites.
Une cotisation versée à chaque évènement payait les frais d'érection de la croix.
C'est cela que paraît dévoiler cette inscription en latin.
e r a n s e s m a n w e r
e r a n u s e s m a n z e r
Due à la générosité des enfants légitimes
Le "U" aurait été oublié, et le Z a été surchargé sur le W