JEAN DU BORN

 

    Le village du BORN a donné le jour à un homme dont la tradition a seulement rapporté le nom de " Jean " et que pour distinguer on appelle JEAN DU BORN.

    Tailleur de pierres il s'est spécialisé dans la taille et la sculpture des croix. Son oeuvre abondante n'a pas franchi les limites de notre département.

    L a   l é g e n d e

    Monsieur l'abbé Saint-Jean, curé du Born:

    Jean du Born serait l'auteur des trois croix qui sont au Born, sur la place, au  Nord du village et à la sortie du village . Il aurait travaillé à la cathédrale de Mende parmi les meilleurs ouvriers. On le donne comme l'auteur d'une crémaillère dont la chaîne à nombreux maillons aurait été tirée du même bloc de pierre.

    Monsieur Julien, cultivateur fait de Jean du Born une succession de père en fils de tailleurs de pierre et de maçons. Le dernier connu de la famille serait l'auteur du bâtiment d'un moulin dans le ravin de Bouisset près de Badaroux. Sur la porte d'une maison de Badaroux  Jean du Born a taillé les initiales du propriétaire "A.G" (Antoine Giral) 1817.

    La renommée populaire faisait il y a longtemps, du fils, du père et de leurs ancêtres tous du nom de Jean, une réputation d'ouvriers également habiles.

 

L' o e u v r e  d e  J e a n   d u  B o r n

    On peut citer de lui les croix suivantes: Le Born (3 croix) - Pelouse - Badaroux - La Rouvière - Ribennes - Les Bories - Cubières. Sa croix la plus ancienne en date, celle de Badaroux est de 1734, la plus récente est celle du Bord 1773. (39 années séparent ces deux dates).

    La croix de Badaroux est l'oeuvre d'un ouvrier et pas d'un débutant. Jean du Born aurait eu 25 ans lors de ce travail, cela ferait qu'il soit né en 1709, et aurait taillé la croix de la place du Born à 64 ans.

 

L e s  p a r t i c u l a r i t é s

    Toutes ces croix présentent :

-  un croisillon en pierre calcaire .

-  un Christ sur la face à longs cheveux, au voile généralement noué du côté droit, aux pieds séparés (4 clous) .

-  une exergue à monogramme.

-  une Vierge de miséricorde sur le revers de la croix, posée sur un cul de lampe en forme de pomme de pin, pointe en bas .

-  un fût en granit .

 

    Dans la première période le fût rappelle un colonne renflée avec chapiteau et base tirée du dorique, plantée sur un socle cylindrique et tronconique.

    Dans la seconde période la croix est plus grande et le fût simulera une colonne plus allongée, au galbe peu apparent et parfois à faibles cannelures. Il porte sur un socle plus important, chargé de sculptures ou d'inscriptions.

    Si dans le fût et la base il y  des variantes, la croix sera invariablement chargée d'un Christ roman et d'une Vierge d'adoration.

 

    Le savoir faire et l'expression sont invariables. La croix de Sirvens aurait pu lui servir de modèle pour le croisillon et la Vierge de miséricorde. Le Christ a été pris ailleurs.

 

(J. Ignon)

  

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